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Ilss
cela de mon travail
Carpanin Marimoutou
Petites notes sur ma pratique artistique. Février 1996.
"L’homme n’est pas créature, il est créateur " affirmait un philosophe du XIXème siècle. Avant même de connaître cette citation, l’ennui que me procurait la pose de compteurs électriques et de branchements électriques me poussèrent à étudier l’ Art. Pourquoi ? Alors que je n’avais jamais mis les pieds dans un musée ou une galerie. Je n’en sais rien ! J’ai vu un chemin, je l’ai emprunté. Il me conduira là où je dois aller. Celui-ci exprime douleur et sérénité, et conduit l’Artiste à regarder avec ses yeux le monde étrange. Décalé ! Il était affirmatif le gallériste branché pour parler de mon travail. Certes, si nous nous référons aux productions estampillées "art contemporain" que certains galléristes et institutionnels ont fabriqué, mon travail est décalé. Pourtant j’ai fréquenté moi aussi les usines à penser, branchées, dans les normes. 5 années d’université, ça marque, ça ne s’oublie pas. Mes premières productions portèrent cette marque. Le carré noir sur fond noir de Malevitch me fascina et me fascine encore. J’en fis plusieurs versions, ainsi que quelques recherches post-minimalistes. Elles me prouvèrent que je n’étais pas un théoricien en herbe et je privilégie dès lors davantage ma sauvagerie interne à la dissertation.
J’ai passé des nuits à fouiller les poubelles, à lacérer les affiches, à imaginer la création sur la société de consommation. La pérennité relative des Oeuvres produites, due en partie à la fragilité de celles-ci et les difficultés de stockage m’a conduit à abandonner ce travail de rue, pour un travail de chevalet. Pratique que je découvris seul, car il n’y avait pas d’enseignement de la pratique picturale à l’université de St DENIS. Mes sculptures quand à elles, continuaient d’être réalisées en papier mâché et ferrailles de récupérations. La réalisation de certaines d’entre elles, en plâtre, ne date que de 1995.
Mais pourquoi sont-ils si tristes ? Depuis la nuit des temps l’homme s’acharne à la représentation même de certaines œuvres "Post-Duchamp". Le titre de l’œuvre remplace le contenu et le déplacement du contenu vers le discours. Cela ne signifie nullement une absence de contenu mais celui-ci s’est déplacé loin de la surface du masque social, du théâtre quotidien.
Il y a des cris que je crois présent, qui me hantent et m’interpellent, loin de la pratique dominante. Ma figuration crie. Je la place sur le terrain du témoignage, d’une introspection contemporaine sur les souffrances. Les joies, il suffit de les vivre, elles sont si rares en cette fin de siècle. Témoignage d’une souffrance que je décèle en nous. La seule entorse à ma pratique spontanée a été de peindre les portraits de 5 personnages des Arts.
Ainsi va la vie, ma pratique évoluera au rythme de l’histoire et de mes rencontres...
A. ROBèR
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